Shrinkflation

Shrinkflation : quand le produit rétrécit, mais pas le prix

200 g hier, 150 g aujourd'hui — même prix. C'est la hausse qu'on ne voit pas. Depuis juillet 2024, les grandes surfaces doivent signaler certains produits concernés par la shrinkflation. Mais l'étiquette légale ne voit pas tout : sans historique, beaucoup de changements restent invisibles.

Shrinkflation : quand le produit rétrécit, mais pas le prix
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En septembre 2023, Carrefour a mis la shrinkflation en plein rayon.

L'enseigne a apposé des avertissements sur une série de produits dont le format avait diminué alors que leur prix effectif augmentait. L'opération a fait du bruit, parce qu'elle disait tout haut ce que beaucoup de consommateurs soupçonnaient déjà : parfois, un produit devient plus cher sans que son prix affiché change vraiment.

Le grand public a découvert un mot étrange — shrinkflation, ou réduflation — qu'il n'aurait jamais dû avoir à apprendre.

Quelques mois plus tard, le cadre réglementaire a changé. Un arrêté du 16 avril 2024, publié au Journal officiel le 4 mai 2024, impose depuis le 1er juillet 2024 une information spécifique dans certaines grandes surfaces lorsqu'un produit voit sa quantité diminuer et son prix ramené au kilo, au litre ou à l'unité augmenter.

Sur le papier, c'est une avancée.

Dans la pratique, c'est plus compliqué.

La shrinkflation, comment ça marche exactement ?

La shrinkflation, c'est simple : un industriel réduit la quantité d'un produit — grammage, volume, nombre d'unités — sans baisser le prix final en proportion.

Le packaging reste presque identique.
Le rayon ne change pas.
Le prix affiché peut rester stable.

Mais le prix au kilo, lui, grimpe.

Prenons l'exemple classique : un paquet de chips passe de 200 g à 150 g, tout en restant vendu 2 €.

Avant, tu payais :

2 € pour 200 g, soit 10 €/kg.

Après, tu paies :

2 € pour 150 g, soit 13,33 €/kg.

Le prix en rayon n'a pas bougé. Mais le prix au kilo a augmenté de 33 %.

C'est ça qui rend la shrinkflation si discrète : elle ne se voit pas toujours sur le prix final. Elle se voit dans la quantité.

Et surtout dans le prix au kilo.

Pourquoi les industriels le font

Réduire un format n'arrive pas par hasard.

Matières premières, énergie, emballages, transport, négociations commerciales : les coûts ont fortement bougé ces dernières années. Une marque peut choisir d'augmenter franchement le prix d'un produit. Mais cette hausse est immédiatement visible.

Un paquet qui passe de 2 € à 2,40 €, tout le monde le voit.

Un paquet qui passe de 200 g à 180 g, beaucoup moins.

C'est là que le packaging joue son rôle. Le produit garde souvent les mêmes couleurs, la même forme, le même emplacement en rayon. Le changement existe, mais il demande un effort pour être repéré.

Et soyons honnêtes : personne ne compare le grammage de tous ses produits à chaque passage en caisse.

Ce que la nouvelle obligation change

Depuis le 1er juillet 2024, certaines enseignes doivent informer les consommateurs lorsqu'un produit de grande consommation préemballé voit sa quantité diminuer et son prix ramené à l'unité de mesure augmenter. L'obligation concerne les grandes surfaces alimentaires de plus de 400 m², et l'information doit être affichée pendant deux mois à compter de la mise en vente du produit dans son nouveau format.

La mention doit être visible à proximité du produit ou sur l'emballage. Elle doit indiquer que la quantité vendue a diminué et que le prix ramené au kilo, au litre ou à l'unité a augmenté.

C'est utile, parce que cela force une partie de la hausse cachée à devenir visible.

Mais le dispositif ne couvre pas tout.

Il ne s'applique pas à tous les magasins.
Il ne dure que deux mois.
Il dépend du bon repérage du changement.
Il ne permet pas toujours de voir les évolutions anciennes.
Et il ne remplace pas un historique produit clair.

Autrement dit : l'étiquette légale alerte à un moment donné. Elle ne garde pas la mémoire.

Le détail important : ce n'est pas « le format baisse », c'est « le prix unitaire augmente »

Il y a une nuance importante.

La nouvelle obligation ne vise pas simplement tous les produits dont le format change. Elle vise les cas où la quantité diminue et où le prix ramené à l'unité de mesure augmente.

Si un produit passe de 200 g à 150 g, mais que le prix baisse suffisamment pour que le prix au kilo reste stable ou diminue, on n'est pas dans le même cas.

Mais si le prix final reste identique, ou baisse trop peu, alors le prix au kilo augmente. Et c'est là que le consommateur paie plus cher à quantité comparable.

C'est précisément pour cela que le prix au kilo est central : c'est lui qui révèle la hausse réelle.

Là où la communauté reste indispensable

La loi aide. Mais elle a des limites.

Un affichage pendant deux mois, c'est mieux que rien. Mais un produit peut rester dans les placards, les habitudes et les listes de courses pendant des années.

Un changement de format peut aussi passer inaperçu si personne ne garde l'historique. Hier 500 g. Aujourd'hui 450 g. Demain 430 g. Pris isolément, chaque emballage semble normal. Mis bout à bout, l'évolution devient évidente.

C'est là qu'Aukilo intervient.

Aukilo ne se contente pas d'afficher un prix à un instant T. L'app compare les produits à partir de plusieurs sources : contributions utilisateurs, photos d'étiquettes, tickets, prix disponibles sur les drives et catalogues magasins. Les données peuvent ensuite être corrigées, complétées ou signalées par la communauté.

L'objectif est simple : garder une mémoire du produit.

Son format.
Son grammage.
Son prix.
Son prix au kilo.
Son évolution dans le temps.

Quand un produit rétrécit, Aukilo peut mettre en évidence l'écart : pas seulement « ce paquet fait 150 g », mais « ce produit faisait 200 g auparavant, et son prix au kilo a augmenté ».

C'est une différence énorme.

Les cas qui passent facilement sous le radar

Certains changements sont visibles. D'autres beaucoup moins.

Un paquet de céréales qui passe de 500 g à 450 g.
Un pot de yaourt familial qui passe de 1 kg à 880 g.
Une boîte de café qui passe de 250 g à 230 g.
Un lot qui contient moins d'unités qu'avant.
Un format « nouvelle recette » qui masque surtout une nouvelle quantité.

Dans chacun de ces cas, le prix final peut sembler stable. Mais le prix au kilo, lui, raconte autre chose.

C'est pour ça qu'un signalement communautaire est précieux. Un utilisateur scanne, photographie l'étiquette, ajoute le prix ou confirme les informations proposées. Si d'autres utilisateurs constatent la même évolution, le signal devient plus fiable.

La donnée n'est pas parfaite par magie. Elle devient utile parce qu'elle est croisée, datée, localisée et vérifiable.

Comment signaler une shrinkflation dans Aukilo

Si tu repères un produit dont le format a changé, tu peux le signaler directement dans Aukilo.

Tu scans le produit ou tu le retrouves par photo.
Tu photographies l'étiquette ou le ticket.
Tu vérifies le grammage, le prix et le magasin.
Tu valides.

L'app peut alors comparer les informations disponibles avec l'historique du produit et les autres contributions. Si le changement est confirmé, il peut être affiché aux autres utilisateurs.

Pas besoin de mener une enquête. Pas besoin de ressortir un vieux ticket de caisse de 2021. Le but, c'est que chacun puisse ajouter un petit morceau de preuve au bon moment.

Et que la communauté fasse le reste.

La shrinkflation fonctionne parce qu'elle est discrète

Le problème de la shrinkflation, ce n'est pas seulement qu'un produit devient plus cher.

C'est que la hausse est difficile à voir.

On se souvient vaguement du prix. Rarement du grammage. Encore moins du prix au kilo de la dernière fois.

La loi oblige désormais les grandes surfaces concernées à signaler certains cas pendant une période limitée. C'est une avancée importante. Mais pour comprendre ce qui change vraiment, il faut plus qu'une étiquette temporaire : il faut un historique.

C'est exactement ce qu'Aukilo veut construire avec ses utilisateurs.

Une mémoire collective des prix, des formats et des quantités.

Parce qu'un paquet qui rétrécit, ce n'est pas toujours évident.
Mais un prix au kilo qui grimpe, lui, finit toujours par parler.

Les informations réglementaires sont données à titre informatif et peuvent évoluer. Les prix et exemples affichés dans Aukilo dépendent des données disponibles, des contributions utilisateurs, des catalogues, des drives et des relevés en magasin.